Vous n’êtes pas connecté en tant qu’utilisateur Premium; nous comptons sur les utilisateurs Premium pour soutenir nos reportages. Connectez vous ou inscrivez vous dès aujourd’hui!
Le catholicisme survit à peine en France.
Le politologue Jérôme Fourquet, directeur du service opinion de l’Institut français de l’opinion publique (IFOP), a publié ce mois-ci un livre intitulé L’archipel français: naissance d’une nation multiple et divisée, présentant des données désespérées sur le déclin du catholicisme en France. L’étude, une analyse multidimensionnelle des facteurs qui ont profondément affecté la fragmentation actuelle de la société française, présente des chiffres si bas pour l’Église catholique que Fourquet les considère plus que simplement « une sonnette d’alarme », mais le prélude officiel de la fin de Christian France, la disparition de la «fille aînée de l’Église».
Fourquet les considère plus que comme «une sonnette d’alarme», mais comme le prélude officiel de la fin de la France chrétienne.
Le détachement de la France vis-à-vis du christianisme est si fort que Fourquet la définit comme une «ère post-chrétienne» car «le déplacement de la société française de sa matrice catholique est presque total».
Les chiffres récents confirment une tendance qui ne fait qu’augmenter depuis la Révolution française. A ce stade, seuls 4% des Français assistent régulièrement à la messe le dimanche (8% en zone rurale), les mariages civils représentent plus de 60% de tous les mariages, et si la baisse se poursuit, la France pourrait baptiser son dernier enfant dans le catholique. la foi d’ici 2048.
Il est probable que d’ici 2031, les mariages sacramentels seront une relique du passé. En 1950, la France comptait 50 000 prêtres; aujourd’hui, il n’y en a que 10 000, la majorité étant à un âge avancé. Il y a quelques semaines, le séminaire de Lille, qui accueillait les aspirants prêtres de tout le nord de la France, a temporairement fermé ses portes en raison d’un faible taux d’inscription – seulement 10 étudiants pour l’année universitaire en cours. La sombre prévision de Fourquet prédit que le tout dernier prêtre de France pourrait être ordonné dès 2044.
Selon Fourquet, «il y a un processus de déchristianisation croissante, qui conduit à la« phase terminale »de la religion catholique, à moins qu’elle ne se camoufle avec des valeurs laïques anti-chrétiennes, ce qui est déjà en cours.
L’observateur français du Vatican Henry Ricq a parlé de «l’angoisse de notre propre disparition» dans son livre de 2018 La grande peur des catholiques, où l’auteur a affirmé ne plus «reconnaître l’Église» – une Église difficile à trouver et que beaucoup de Français considèrent comme une Église «de zombies».
Fourquet mentionne également le changement culturel causé par l’immigration musulmane (Mohammed était le prénom de bébé le plus populaire en banlieue parisienne en 2017, et les projections de Pew Research estiment que le nombre de musulmans en France doublera d’ici 2050, atteignant 17,4% de la population du pays. ): « Pendant des centaines d’années, la religion catholique a structuré la conscience collective des Français. La société d’aujourd’hui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était autrefois. Un grand changement de civilisation est en cours. »
Alors que les églises catholiques regorgent de «zombies» âgés, «les mosquées sont pleines de jeunes et leurs lieux de culte ne sont généralement pas suffisants pour l’ensemble de leurs communautés locales».
Dans une interview sur son livre au journal français Les Echos, Fourquet a expliqué que la déchristianisation, la perte d’influence des médias de masse, la montée continue de l’individualisme de masse et de l’immigration qui ont changé le profil démographique de la France sont quelques-uns des facteurs qui ont contribué à « une fragmentation sans précédent de la société française.… Ce sont des phénomènes profonds et il est difficile de lutter contre eux. Nous n’avons pas trouvé de matrice qui pourrait jouer un rôle de cimenteur puissant. »
Abp. Georges Pontier
Selon l’analyste, l’enjeu principal de cette nouvelle ère va être de trouver une matrice commune qui pourrait permettre à des coalitions de se former à nouveau au sein de la société française.
Le livre de Fourquet a été lancé en même temps que plusieurs attaques contre des bâtiments d’église. Plus tôt ce mois-ci, l’église historique de Saint-Sulpice a subi un incendie criminel.
En février, l’église Saint-Nicolas a signalé trois incidents de vandalisme en 10 jours, dont un qui comprenait la destruction d’une statue du XIXe siècle de la Vierge Marie. Dans l’église Notre-Dame des Enfants à Nîmes, la police a retrouvé des hôtes consacrés éparpillés dans les détritus et un dessin d’une croix faite avec des excréments humains sur le mur.
Des hôtes sacrés ont également été volés et disséminés autour de l’église Notre-Dame de Dijon. Bien que tout cela ait eu lieu au cours des deux derniers mois, la profanation persiste depuis un certain temps. En juillet 2018, l’église Saint-Pierre du Matroi d’Orléans, par exemple, a été partiellement incendiée et «Allahu Akbar» a été peint à la bombe sur les murs.
Mgr Georges Pontier, président de la conférence épiscopale de France et archevêque de Marsiglia, est d’accord avec certains points de Fourquet: «La société civile en France était autrefois organisée selon des références chrétiennes. Cette période est révolue. Nos sociétés sont aujourd’hui religieusement pluralistes.
La société civile en France était autrefois organisée selon des références chrétiennes. Cette période est terminée.
Mais pour Pontier, cela ne signifie pas forcément la fin de l’Église dans le pays: « L’aspect religieux est toujours présent. Les réflexions des groupes religieux existent et elles se font entendre dans le débat public. »
Concernant la récente vague d’attaques d’églises, il insiste sur le fait qu’elle est limitée à quelques personnes: « Il y a quelques individus qui utiliseront tous les moyens pour nuire à l’Église, mais ce n’est pas un phénomène prédominant. Nous ne sommes pas victimes de ‘cathophobie’ [as described by conservative politician Éric Ciotti]. «
Pontier insiste également sur le fait que la foi catholique est florissante, mentionnant que son diocèse baptise des centaines d’adultes chaque année. En effet, cela semble être la seule tendance positive dans l’Église française, qui a connu une croissance de 40% des baptêmes d’adultes au cours des 10 dernières années.
Vous avez un conseil de nouvelles? Soumettez des nouvelles à notre ligne de conseils.
Nous comptons sur tu pour soutenir nos reportages. Veuillez faire un don aujourd’hui.