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Deux jours après son lancement, une pétition s’opposant à la décision du gouvernement de fermer le groupe anti-immigration Génération Identitaire, a recueilli plus de 24 000 signatures.

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé samedi que la procédure de dissolution du groupe d’extrême droite connu sous le nom de Génération Identitaire avait commencé et que ses avocats avaient dix jours pour faire appel.

Le groupe a appelé les partisans à se rendre samedi pour protester contre la fermeture proposée.

Dans un document exposant son cas, le ministère de l’Intérieur a déclaré que le groupe était responsable d’incitation à la discrimination et à la haine ou à la violence envers «une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine». Il a déclaré que le groupe se comportait comme une milice privée.

Génération Identitaire revendique 2 800 membres.

‘Une milice privée’

Il a d’abord attiré l’attention du public en 2012 à Poitiers, lorsque des membres ont organisé un sit-in sur le toit d’une mosquée en construction, scandant des slogans hostiles aux musulmans.

5 membres du Groupe ont été condamnés pour leur rôle dans l’occupation, bien que leur condamnation ait été annulée en juin 2020.

Parmi les autres cascades très médiatisées, citons l’occupation en 2019 d’un bureau de prestations sociales à Bobigny, dans une banlieue parisienne fortement immigrée. Le groupe tenait une banderole sur laquelle on pouvait lire «de l’argent pour les Français, pas pour les étrangers». 19 personnes impliquées ont été condamnées à trois mois de prison avec sursis.

Dans l’argumentation du gouvernement en faveur de la dissolution, Pascale Léglise, directrice adjointe de la liberté publique et des affaires juridiques au ministère, a déclaré que le mouvement cachait une «idéologie xénophobe derrière un discours sur la préférence nationale».

Capacité d’influence néfaste

Elle a également jugé que le mouvement présente «l’immigration et l’islam comme des menaces que les Français doivent combattre».

Le ministère a également cité des actions violentes contre des étrangers, notant notamment des incidents avec des supporters turcs lors d’un match de football en France lors du tournoi de l’Euro 2016.

Dans ce fichier photo prise le 21 avril 2018, des militants du mouvement politique d'extrême droite français Generation Identitaire (GI) et du groupe anti-migrants européen Defend Europe mènent une opération intitulée \"Mission Alpes \" pour contrôler l'accès des migrants par le col de l'Echelle à Névache, près de Briançon, à la frontière franco-italienne.
Dans ce dossier photo prise le 21 avril 2018, des militants du mouvement politique d’extrême droite français Génération Identitaire (GI) et du groupe européen anti-migrants Defend Europe mènent une opération intitulée \ « Mission Alpes \ » pour contrôler l’accès des migrants utilisant le col de l’Echelle à Névache, près de Briançon, à la frontière franco-italienne. ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Le document gouvernemental faisait également état d’autocollants et de T-shirts Génération Identitaire trouvés dans une cache d’armes et d’explosifs improvisés lors d’une enquête menée par la police antiterroriste. Le gouvernement a déclaré que les autocollants démontraient la «capacité de l’organisation à avoir une influence néfaste».

Plus récemment, en janvier, le groupe a organisé une opération pour empêcher les migrants de pénétrer à Luchon dans le sud-ouest de la France depuis l’Espagne. Le gouvernement a déclaré que cette activité démontrait la volonté du groupe d’opérer en tant que milice privée.

Réaction mitigée des politiciens

Le président de Génération Identitaire, Clément Gandelin, pense que le motif de la dissolution est plus politique. «Vous pouvez sentir qu’ils paniquent», a-t-il dit, suggérant que le gouvernement voulait préciser qu’il n’interdisait pas simplement les groupes islamistes.

Dans les mois qui ont suivi la décapitation de l’instituteur français Samuel Paty par un terroriste islamiste, le ministère de l’Intérieur a interdit plusieurs organisations liées à l’islamisme.

Les politiciens n’ont pas tardé à réagir au lancement de la procédure de dissolution.

Bruno Retailleau, du parti majoritaire de droite Les Républicains, a estimé que le gouvernement devrait agir différemment pour traiter des groupes comme Génération Identitaire. Le gouvernement devrait « mettre fin à l’immigration » s’il veut lutter contre de tels mouvements, a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, Mathilde Panot du groupe d’extrême gauche France Unbowed (La France Insoumise), a tweeté «Enfin!

Me Gilles-William Goldnadel, défenseur de Génération Identitaire, a clairement indiqué que le groupe existait parce que les autorités ne s’occupaient pas de l’immigration clandestine.

«Le ministère de l’Intérieur est réduit à considérer que la critique radicale de l’immigration clandestine est raciste et xénophobe et que le désespoir face à l’incapacité du gouvernement [to combat illegal immigration] l’est aussi.